Imaginez la scène : vous êtes dans votre salon, vous discutez avec quelqu’un, vous parlez d’un nouvel objet… et votre chien, tranquillement dans son panier, “enregistre” le mot. Quelques minutes plus tard, vous lui demandez d’aller chercher ce même objet… et il le trouve.
Ça ressemble à de la magie. En réalité, c’est de la science
Une étude publiée le 8 janvier 2026 dans la revue Science montre que certains chiens, très rares, sont capables d’apprendre de nouveaux mots sans être entraînés directement : simplement en observant et en écoutant les interactions humaines.
Les chercheurs parlent d’un petit groupe particulier : les “Gifted Word Learners” — littéralement, des chiens “doués” pour l’apprentissage des mots. Ces chiens connaissent déjà beaucoup de noms d’objets, souvent des jouets. Certains en reconnaissent plus de 100 et, dans certains cas, plusieurs centaines.
Le point clé : ils ne se contentent pas d’obéir à des ordres (“assis”, “au pied”). Ils comprennent des étiquettes verbales associées à des objets précis : “la balle bleue”, “le kangourou”, “la pizza”, etc.
Comment apprennent-ils ?
Dans l’expérience, les chercheurs ont testé 10 chiens GWL. Les propriétaires introduisaient deux jouets inconnus, mais selon deux méthodes :
1. Apprentissage direct : le maître montre le jouet, répète son nom, joue.
2. Écoute passive : le chien n’est pas sollicité. Deux humains discutent, manipulent le jouet, prononcent son nom… mais sans s’adresser au chien.
Et là, résultat spectaculaire : après simple écoute, 7 chiens sur 10 ont retrouvé correctement les jouets lors du test. Leur performance atteignait environ 80–83%, très proche de l’apprentissage direct, mesuré autour de 90–92%.
Pour réussir, le chien doit faire plusieurs opérations mentales complexes :
prêter attention à une conversation humaine,
repérer qu’un mot est le nom d’un objet,
associer ce mot à un objet précis,
mémoriser l’information,
et la ressortir plus tard dans un autre contexte.
C’est exactement un mécanisme que l’on observe aussi chez l’enfant : vers 18 mois, certains bébés apprennent des mots en “espionnant” les échanges des adultes.
Pourquoi c’est important ?
Cette découverte suggère que l’apprentissage des mots ne repose pas uniquement sur le langage humain, mais sur des compétences plus générales : attention sociale, mémoire, lecture des intentions.
Et elle pose une question fascinante : après des millénaires aux côtés de l’homme, certains chiens auraient-ils développé une forme rare, mais réelle, de “pré-langage” social ?
En bref : ces chiens ne parlent pas. Mais certains savent écouter… vraiment.
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