Après avoir dirigé des entreprises technologiques pendant 40 ans et vendu l'éditeur de logiciels financiers E-Front à BlackRock , pour 1,3 milliard de dollars, Olivier Dellenbach, aurait pu s'offrir une retraite dorée bien méritée. Il a choisi tout le contraire. En 2019, il fonde ChapsVision, un projet né de trois motivations : le besoin d'entreprendre, le souhait de créer un champion technologique européen pérenne et une ambition philanthropique. Une partie du capital de l'entreprise est en effet détenue par sa fondation, HappyCap, dédiée au handicap mental, ce qui assure l'indépendance de la structure face à d'éventuels rachats.
ChapsVision se positionne comme un spécialiste de l'IA et du Big Data, capable de transformer des volumes massifs de données hétérogènes en informations exploitables. Pour rivaliser avec des géants comme l'américain Palantir, Olivier Dellenbach utilise une stratégie de croissance par acquisitions ultra-rapide, avec déjà 29 entreprises rachetées en cinq ans. Il privilégie la « cyberintelligence » - outils pour les services régaliens et de renseignement - plutôt que la cybersécurité pure, qu'il estime être une bataille déjà perdue face aux acteurs américains et israéliens. Mais les difficultés restent nombreuses pour un acteur comme ChapsVision. Malgré l'excellence des ingénieurs français, Dellenbach déplore les obstacles à l'émergence de champions du logiciel en Europe. Il cite notamment la commande publique défaillante : contrairement à l'Allemagne ou aux États-Unis, l'État français utilise peu ce levier pour soutenir ses industriels. En cause, selon lui, le complexe de l'étranger : une tendance de l'administration à préférer les solutions américaines, jugées plus sûres. Mais aussi la culture du "faire soi-même", ou cette fâcheuse tendance des services publics à vouloir souvent réinventer la roue en interne plutôt que d'acheter des solutions privées existantes.
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