La question « Où se trouve Dieu dans l’Univers ? » traverse l’histoire humaine depuis des millénaires. Religieuse, philosophique, mais aussi scientifique, elle touche à notre besoin profond de situer l’infini dans un cadre compréhensible. Récemment, un ancien physicien de Harvard, le Dr Michael Guillén, a relancé le débat en avançant une idée spectaculaire : Dieu pourrait avoir une localisation précise dans l’espace.
Selon lui, des calculs issus de modèles cosmologiques conduiraient à situer Dieu à environ 439 milliards de milliards de kilomètres de la Terre, une distance vertigineuse qui dépasse largement notre capacité d’imagination. L’argument repose sur une réflexion autour des limites observables de l’Univers et de l’idée qu’au-delà de ce que nous pouvons mesurer, il existerait une frontière ultime, assimilée à un point d’origine ou de transcendance.
Cette proposition intrigue, car elle semble donner une « adresse » à une entité traditionnellement décrite comme immatérielle, éternelle et omniprésente. Or, c’est précisément là que le problème apparaît.
Du point de vue de la physique moderne, l’Univers n’est pas une structure fixe avec un centre clairement défini. Depuis les travaux d’Edwin Hubble au XXᵉ siècle, nous savons que l’Univers est en expansion : toutes les galaxies s’éloignent les unes des autres. Mais cette expansion ne part pas d’un point central comme une explosion classique. Chaque région de l’espace s’étire, ce qui signifie qu’il n’existe pas de « milieu » absolu de l’Univers.
Autrement dit, parler d’un endroit précis où se situerait Dieu pose une difficulté majeure : l’espace lui-même est en mouvement, et ses dimensions évoluent constamment. Une distance calculée aujourd’hui n’aurait donc pas de valeur fixe dans le temps cosmique.
De plus, la science ne peut étudier que ce qui est mesurable. Les instruments observent des particules, des champs, de l’énergie. Dieu, par définition théologique, échappe à ces catégories. Le placer quelque part dans l’espace revient à le transformer en objet physique, ce qui contredit la conception dominante des grandes religions, pour lesquelles Dieu est hors de l’espace et du temps.
L’hypothèse de Michael Guillén peut alors être comprise moins comme une affirmation scientifique stricte que comme une métaphore : une tentative de traduire en langage mathématique une idée spirituelle, celle d’un principe premier situé au-delà du monde observable.
Finalement, la science répond surtout à une chose : elle ne sait pas localiser Dieu. Elle peut décrire l’âge de l’Univers, sa taille approximative, ses lois fondamentales, mais elle s’arrête aux portes du sens ultime.
La question « Où est Dieu ? » demeure donc, pour l’instant, du domaine de la foi et de la philosophie. Peut-être que, plutôt que d’être quelque part dans l’Univers, Dieu serait — pour ceux qui y croient — ce qui rend l’Univers possible.
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