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  • Géopolitique

    Les midterms face au monde

    01.11.2026
    Le Kremlin reparlera de l’Ukraine « après le 4 novembre ». Donald Trump, lui, attend le vote pour trancher sur l’Iran. Une élection au Congrès peut-elle vraiment peser au-delà des frontières américaines ?
    « Est-ce que je fais un accord avec eux, ou est-ce que je les achève ? » Le 25 octobre, Donald Trump parlait de l’Iran, à voix haute, devant les journalistes. Il avait promis de ne pas frapper de nouveau avant les élections de mi-mandat. Dans le détroit d’Ormuz, octobre a été le pire mois pour les navires depuis le début de la guerre.
    À Moscou, on regarde le même calendrier. Le conseiller diplomatique de Vladimir Poutine a fixé la prochaine échéance au 4 novembre, au lendemain du scrutin. Entre-temps, Washington a accepté d’importer du diesel russe en échange d’un allègement des sanctions, un accord que contestent jusqu’à des sénateurs républicains. À Jérusalem, Benyamin Netanyahou, que Trump avait ouvertement soutenu, sort des urnes sans majorité. Au Brésil, Lula a battu le fils de Jair Bolsonaro, et le président américain y a vu « une autre élection truquée ».
    Sur le papier, la politique étrangère reste l’affaire de la Maison-Blanche. Trump a fait capturer Nicolas Maduro, mène la guerre contre l’Iran, a frappé de droits de douane des alliés européens, sans beaucoup consulter le Congrès. Une Chambre démocrate aurait pourtant la main sur le budget. Elle pourrait enquêter, conditionner l’aide militaire, compliquer les arrangements avec Moscou. À moins qu’un président désavoué chez lui ne cherche à se refaire ailleurs, et plus brutalement.
    L’Europe suit ce scrutin de près, et pour cause. Il y a quelques jours, Donald Trump citait la France comme le contre-modèle de ce qui menace l’Amérique, « une nation autrefois grande » selon lui « conquise, saccagée et brûlée par des migrants, des djihadistes et des communistes ».
    Invités :
    Laurence Nardon, responsable du programme Amériques de l’Ifri, productrice du podcast New Deal
    Romuald Sciora, directeur de l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l’IRIS, auteur de Lettre ouverte à Trump d’un Américain de papier (Point Nemo)
    Ludivine Gilli, directrice de l’Observatoire Amérique du Nord de la Fondation Jean-Jaurès, autrice de États-Unis : le vote confisqué (1776-2026) (Fondation Jean-Jaurès / Éditions de l’Aube).
  • Géopolitique

    Midterms : l’Amérique peut-elle freiner Trump?

    31.10.2026
    Mardi 3 novembre, les Américains renouvellent la Chambre des représentants et un tiers du Sénat. Donald Trump n’est candidat nulle part. Il demande pourtant à ses électeurs de voter « comme s’il était sur le bulletin ».
    Fin septembre, à la foire agricole du Kansas, le sénateur républicain Roger Marshall s’est fait huer pendant un débat. Le Kansas n’a pas envoyé de démocrate au Sénat depuis 1932, et Donald Trump l’avait emporté de seize points il y a deux ans.
    La scène résume assez bien cette fin de campagne. Aucun président n’avait été aussi impopulaire à ce stade de son mandat depuis Harry Truman, et c’est le coût de la vie qui pèse le plus. Le diesel a pris près de 70% en un an, conséquence directe de la guerre contre l’Iran ; les droits de douane ont fait le reste. Au Texas, James Talarico, ancien séminariste, fait jeu égal avec Ken Paxton, le candidat imposé par Trump. Paxton l’a lui-même admis devant des donateurs, dans un enregistrement qui a fuité : la convention républicaine de Dallas a fait baisser ses chiffres.
    Les démocrates partent favoris pour la Chambre. Au Sénat, où il leur faut quatre sièges de plus, rien n’est fait. La carte, surtout, a changé : dix États ont redessiné leurs circonscriptions depuis l’été 2025, la plupart à la demande de la Maison-Blanche. Et Elon Musk a versé à lui seul 445 millions de dollars aux candidats républicains, une somme sans précédent pour un donateur.
    Reste l’après. Donald Trump promet de respecter le résultat « si les élections sont honnêtes ». Son ministère de la Justice a déjà saisi un tribunal en Alaska pour pouvoir bloquer la certification d’une éventuelle défaite républicaine. Que pourrait faire une Chambre démocrate face à un président qui gouverne par décrets ? Et que restera-t-il du trumpisme le jour où Trump ne sera plus là ?
    Invités :
    Laurence Nardon, responsable du programme Amériques de l’Ifri, productrice du podcast New Deal
    Romuald Sciora, directeur de l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l’IRIS, auteur de Lettre ouverte à Trump d’un Américain de papier (Point Nemo)
    Ludivine Gilli, directrice de l’Observatoire Amérique du Nord de la Fondation Jean-Jaurès, autrice de États-Unis : le vote confisqué (1776-2026) (Fondation Jean-Jaurès / Éditions de l’Aube).
    Musiques :
  • Géopolitique

    Israël peut-il tourner la page Netanyahu?

    25.10.2026
    Le 27 octobre 2026, les Israéliens élisent leur Parlement pour la première fois depuis le 7 Octobre 2023. Benyamin Netanyahu, qui a fêté ses 77 ans en pleine campagne, brigue un nouveau mandat. Rien n’est joué.
    Le Premier ministre israélien aborde ce scrutin en eaux troubles. Il cumule dix-neuf ans au pouvoir, il est jugé pour corruption depuis 2020, et le président Herzog a gelé en avril sa demande de grâce. La Cour pénale internationale a émis un mandat d’arrêt contre lui. Le 7-Octobre, survenu sous son gouvernement, n’a jamais donné lieu à la commission d’enquête d’État que réclament les familles des victimes. La guerre à Gaza, plus de 73 000 morts selon le ministère de la Santé de l’enclave, a isolé Israël en Europe et abîmé son image aux États-Unis, et deux guerres contre l’Iran n’ont pas fait tomber le régime.
    Il reste pourtant dans la course. Les derniers sondages placent Yashar, le parti de l’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot, devant le Likoud, mais aucun bloc n’atteint les 61 sièges nécessaires pour gouverner. Le camp de Netanyahu, allié à l’extrême droite d’Itamar Ben Gvir et de Bezalel Smotrich et aux partis ultraorthodoxes, tourne autour de 50 sièges. L’opposition fait à peine mieux, et refuse de s’appuyer sur les partis arabes. Donald Trump a apporté le 18 octobre son « soutien total » au Premier ministre sortant.
    Qui est Benyamin Netanyahu, comment a-t-il tenu trente ans au centre de la vie politique israélienne, et qu’est-ce qu’une alternance changerait vraiment pour Gaza, l’Iran, les États-Unis et l’Europe ? À moins qu’un blocage ne le maintienne, une fois encore, à la tête du pays.
    Invités :
    Alain Dieckhoff, sociologue, directeur de recherche au CNRS, ancien directeur du CERI de Sciences Po, auteur notamment de L’invention d’une nation. Israël et la modernité politique
    Denis Charbit, politiste, professeur de science politique à l’Université ouverte d’Israël, auteur de Qu’est-ce que le sionisme ?
    Laure Foucher, maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique, autrice de la note « Les perceptions en Israël de l’avenir de la relation avec Washington » (octobre 2026).
  • Géopolitique

    Qui tient les rails tient-il le monde?

    24.10.2026
    Le 13 septembre 2026, un drone russe a frappé la locomotive du train Kiev-Varsovie en gare de Yahodyn, à quelques kilomètres de la frontière polonaise. Les 206 passagers avaient été évacués un quart d’heure plus tôt.
    Depuis que le ciel ukrainien est fermé, le rail est la seule porte d’entrée du pays. Les armes, le blé et les dirigeants étrangers passent par là, et Moscou en a fait une cible : en septembre, les chemins de fer ukrainiens ont dû évacuer 5 831 trains. Loin du front, la fermeture du détroit d’Ormuz fin février 2026 a produit l’effet inverse. Le fret ferroviaire entre la Chine et l’Europe a bondi d’un tiers en quelques semaines, et en avril un premier train direct a relié Wuhan à Bakou en dix-huit jours sans passer par la Russie.
    Longtemps tenu pour une relique du XIXè siècle, le chemin de fer est redevenu un instrument de puissance. C’est la thèse de Claude Leblanc dans Géopolitique du train. La Chine n’avait aucune ligne à grande vitesse en 2007, elle en compte aujourd’hui plus de 50 000 kilomètres, et elle a construit ou modernisé 10 000 kilomètres de voies en Afrique. L’Inde pose ses rails jusqu’à la ligne de démarcation au Cachemire. Les pays baltes changent la largeur de leurs voies pour tourner le dos à Moscou. Washington finance le corridor de Lobito pour faire sortir le cobalt congolais par l’Atlantique. Pendant ce temps, l’Union européenne a perdu des kilomètres de voies, et il faut toujours huit heures pour aller de Paris à Berlin.
    Reste à savoir si le train peut vraiment rivaliser avec la mer, par où transite toujours l’essentiel des marchandises, et si l’Afrique, à qui l’on promet des milliers de kilomètres de lignes, en sera bénéficiaire ou simple terrain de jeu.
    Invité : Claude Leblanc, journaliste, éditorialiste à L’Opinion en charge des questions asiatiques, auteur de Géopolitique du train (PUF, collection « Géopolitiques », 2026).
     
    Musiques : Les Rita Mitsouko, Le petit train ; Bob Dylan, Slow Train.
  • Géopolitique

    L’Asie, moteur du monde… au prix de ses peuples?

    18.10.2026
    L’Asie fabrique nos batteries, nos téléphones et une bonne part de la croissance mondiale. Mais derrière ce décollage, que deviennent ceux qui vivent loin des capitales ? Géopolitique s’intéresse au dernier dossier de La revue internationale et stratégique, consacré aux pouvoirs en Asie-Pacifique.
    L’Indonésie produit près de 60 % du nickel mondial, un métal indispensable aux batteries des voitures électriques. Les complexes industriels se multiplient dans les Moluques et à Sulawesi, souvent au détriment des forêts et de ceux qui en vivaient. Fin août, à Jakarta, les manifestations devant le Parlement se sont soldées par plus de 300 interpellations.
    En Inde, le redécoupage de la carte électorale voulu par le gouvernement de Narendra Modi inquiète les États du Sud. Au Bengale-Occidental, des millions de noms ont été rayés des listes électorales avant la victoire historique du BJP au printemps. Et entre la Thaïlande et le Cambodge, la frontière reste fermée depuis juin 2025, malgré le cessez-le-feu.
    Frontières, ressources, électeurs : dans toute la région, les populations semblent devenues un enjeu de pouvoir à part entière. Contrôle des États ou résistance des peuples, qui est en train de l’emporter ?
    Invités :
    Coline Laroche, analyste au sein du programme Asie-Pacifique de l’Iris, spécialiste de l’Indonésie, codirectrice du dossier « Pouvoirs en Asie-Pacifique » de La revue internationale et stratégique (n° 142, été 2026)
    Christine Cabasset, docteure en géographie, associée à l’Institut de recherche sur l’Asie du Sud-Est contemporaine (Irasec) et au programme Asie-Pacifique de l’Iris
    Guillaume Delacroix, journaliste, collaborateur de l’Observatoire géopolitique de l’Indo-Pacifique de l’Iris, coauteur de Dans la tête de Narendra Modi (Actes Sud, 2024)
O Géopolitique
Géopolitique parcourt les grandes régions du monde auxquelles sont associés des enjeux majeurs. Marie-France Chatin invite au débat chercheurs et experts, afin que soient expliqués et mis en lumière les différents mécanismes qui régissent les rapports entre les sociétés et leur environnement. Les invités de Géopolitique confrontent leurs regards sur un sujet d’actualité internationale. Une émission présentée par Marie-France Chatin. Réalisation et technique : Mathias Golshani. Avec la collaboration de Cécile Lavolot. *** Diffusions le samedi et le dimanche à 17h10 TU vers toutes cibles.
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