Géopolitique
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- La France est entrée en campagne électorale dans la perspective des présidentielles de 2027. Une élection pour laquelle l’Europe promet de prêter une attention particulière et elle n’est pas la seule. L’Algérie qui, après plus d’un siècle de colonisation française, est devenue indépendante le 5 juillet 1962, s’honore d’avoir gagné l’une des plus difficiles guerres de décolonisation et d’avoir imposé une défaite à la France et à l’OTAN.
La France et l'Algérie appartiennent à deux aires culturelles que tout oppose et dont la guerre d’indépendance et ses conséquences restent non soldées malgré des tentatives de réconciliation mémorielle ratée. L’Algérie se voit comme une puissance africaine non-alignée, proche de la Russie et de la Chine. Depuis 2024, un conflit asymétrique s’est engagé entre la France et l’Algérie : otages, rappels d’ambassadeurs, chute des échanges, crise des visas, reconnaissance par l’Élysée de la marocanité du Sahara occidental. Est évoquée la « plus grave crise » traversée par les deux pays depuis 1962 alors que sur le plan géopolitique, les deux pays auraient intérêt à trouver des points de convergence et que les Algériens constituent la première communauté étrangère migratoire en France.
Invités :
Pierre Vermeren, historien du Maghreb et du Moyen Orient, professeur des Universités à Paris 1 Panthéon Sorbonne. France-Algérie. De 1962 à nos jours. Histoire d’une relation pathologique, éditions Tallandier.
Michel Duclos, ancien ambassadeur. Conseiller spécial géopolitique et diplomatie à l’Institut Montaigne. Coauteur de la note (Scénarios) « France-Algérie : sortir de l’émotion ». - L’île de Cuba traverse aujourd’hui ce que plusieurs observateurs décrivent comme la crise la plus aiguë de son histoire moderne, bien au-delà de la « Période spéciale » des années 1990. Depuis janvier 2026, un tournant décisif a été pris : suite à l’intervention américaine au Venezuela et à la capture de Nicolás Maduro, Washington exerce une pression maximale et a imposé un blocus énergétique quasi-total à La Havane, coupant l’accès au pétrole vénézuélien qui sustentait l’économie cubaine.
L’administration Trump espère créer une situation visant à forcer le leadership cubain vers une ouverture politique et économique qui transformerait l’île en un partenaire dépendant des États-Unis. Voire une tutelle comme c’est le cas au Venezuela. Les conséquences sont visibles : des pannes de courant de 20 à 22 heures par jour à La Havane, des pénuries alimentaires et médicamenteuses critiques, et des tensions sociales avec des manifestations. De nombreux Cubains ont été renvoyés par Washington dans l’île et l’exode se poursuit, réorienté massivement vers l’Amérique Latine. La question de l’avenir de Cuba est, bien sûr, posée alors que les projets de Donald Trump et son secrétaire d’État Marco Rubio semblent diverger et que plane toujours l’éventualité d’une intervention américaine, laquelle toutefois ne manque pas d’obstacles. Certes isolée, Cuba n’en conserve pas moins des appuis, Chine, Russie, Iran.
Invités :
Janette Habel, politologue et chercheuse associée à l’IHEAL
Jean Mendelson, ancien ambassadeur de France à Cuba
Christophe Ventura, directeur de recherche à l’IRIS, responsable du programme Amérique Latine/Caraïbes et membre de la rédaction du Monde diplomatique. - La Russie poursuit sa guerre d’Ukraine. Deux émissaires de Donald Trump étaient la semaine dernière à Moscou où ils ont rencontré Vladimir Poutine, avant de se rendre à Kiev. Aucune avancée concrète n’a été annoncée et les frappes ont repris dès leur départ.
Côté russe, dans la perspective du scrutin des 18 et 20 septembre 2026 visant à l’élection des députés de la Douma d’État, premières législatives en Russie depuis le début de la guerre, il y a quatre ans et demi, la rumeur court d’une nouvelle et importante vague de mobilisation post-électorale.
Durant la campagne précédant le scrutin, le chef du Kremlin a égrené des discours de plus en plus agressifs sur le plan militaire faisant craindre qu’en l’absence de victoire sur le terrain, la Russie envisage d’intensifier l’offensive, et en interne le régime ne cesse de se durcir. La rhétorique d’escalade se fait de plus en plus cohérente dans laquelle la guerre en Ukraine est replacée dans une confrontation plus large avec l’Europe.
Invitée :
Céline Marangé. Docteure en Science politique, spécialiste de la Russie et de l’espace post-soviétique, chercheuse à l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire, La guerre d’Europe a commencé, éditions les Arènes, Prix du Livre Géopolitique 2026. - Après un été de canicules, d'incendies et de sécheresse, 99 départements en vigilance, la pire saison de feux en France depuis 2012, plus de 32 000 décès excédentaires en Europe, la COP17 sur la désertification s'est achevée le 28 août sans la moindre décision contraignante, et le traité sur le plastique est repoussé à 2027. La question n'est pas seulement de savoir pourquoi ça échoue, mais à qui profitent ces blocages. Et où la coopération continue malgré tout, à trois mois de la COP31 d'Antalya.
Avec :
Mathilde Jourde, chercheuse à l'Iris, responsable du programme climat, environnement, sécurité, co-directrice de l'Observatoire défense et climat
Sébastien Treyer, directeur général de l'Iddri - On présente volontiers l'intelligence artificielle comme la nouvelle arme diplomatique, avec ses sommets, ses standards et ses alliances technologiques. Mais dès qu'on gratte, on retombe sur du très physique : des térawattheures, des semi-conducteurs, des terres rares. Point de départ, l'audition d'Arthur Mensch à l'Assemblée nationale, où le patron de Mistral a résumé son métier d'une phrase : transformer de l'électricité en tokens ; et la question devient : peut-on prétendre à une souveraineté numérique quand on ne maîtrise pas ses électrons ?
Émission enregistrée lors de la Fabrique de la diplomatie.
Avec :
Camille Boulenguer, économiste, chercheuse à l'Iris, directrice de l'Observatoire géopolitique du numérique et des technologies émergentes
Francis Perrin, directeur de recherche à l'Iris, chercheur associé au Policy Center for the New South (Rabat), spécialiste des questions énergétiques
O Géopolitique
Géopolitique parcourt les grandes régions du monde auxquelles sont associés des enjeux majeurs. Marie-France Chatin invite au débat chercheurs et experts, afin que soient expliqués et mis en lumière les différents mécanismes qui régissent les rapports entre les sociétés et leur environnement. Les invités de Géopolitique confrontent leurs regards sur un sujet d’actualité internationale. Une émission présentée par Marie-France Chatin. Réalisation et technique : Mathias Golshani. Avec la collaboration de Cécile Lavolot. *** Diffusions le samedi et le dimanche à 17h10 TU vers toutes cibles.
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