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  • Côte d'Ivoire: «Laurent Gbagbo espérait une amnistie pour se présenter à la présidentielle de 2025»
    Dans une adresse à la nation prononcée le 6 août pour l'anniversaire de l'indépendance, le président ivoirien Alassane Ouattara a annoncé qu'il accordait la grâce présidentielle à son prédécesseur Laurent Gbagbo. La mesure a été jugée insuffisante par le parti de Gbagbo, le PPA-CI qui réclame une amnistie. Pourquoi cette demande et quelle peut-être la suite de ce bras de fer juridico-politique ? Entretien avec Arsène Brice Bado, du Centre de recherche et d'action pour la paix (Cerap). ► À lire aussi : Côte d’Ivoire: l’amnistie de Gbagbo dépend de l’Assemblée, selon Kouadio Konan Bertin
    8/11/2022
    4:06
  • Cherif Mahamat Zene: «Nous attendons tous les signataires de l'accord de paix à Ndjamena»
    Le président du Conseil militaire de transition, Mahamat Idriss Déby est rentré au Tchad le 9 août, après la signature de l'accord de Doha avec une partie des groupes politico-militaires. Le texte ouvre la voie à une participation des groupes armés signataires au prochain dialogue national inclusif. Quelles garanties le texte leur offre-t-il, et peut-on s'attendre au retour à Ndjamena des principaux responsables de ces groupes ? Le ministre tchadien des Affaires étrangères Cherif Mahamat Zene est l'un des principaux artisans de cet accord. Vous vous êtes largement impliqué dans ces discussions de Doha, que ressentez-vous après cette signature ? Un sentiment de satisfaction. Nous avons vécu des moments parfois difficiles. Par moment, on a frôlé également la rupture, mais nous avons toujours fait preuve de patience et nous espérons que le résultat obtenu au bout de cinq mois d’âpres discussions pourra apporter une paix durable au Tchad. De quelle manière les politico-militaires signataires vont-ils participer au dialogue national inclusif qui doit démarrer le 20 aout prochain ? Dans la mesure où ils ont signé l’accord, le comité d’organisation du dialogue national inclusif leur a réservé un quota. Certains d’entre eux pensaient qu'ils allaient être marginalisés, je ne pense pas. Ils vont occuper toute leur place et auront un quota qui leur permettra de se faire entendre dans ce forum pour aborder toutes les questions relatives à l’avenir du Tchad. L’UFR et l’UFDD ont signé cet accord, est-ce que du coup vous espérez la présence dans la capitale tchadienne pour le dialogue national inclusif des chefs de ces deux groupes armés, Timan Erdimi et Mahamat Nouri ? Ils ont signé cet accord, c’est pour venir participer à ce dialogue. Donc vous attendez Timan Erdimi et Mahamat Nouri à Ndjamena ? Nous attendons tous les signataires de l’accord de Doha à Ndjamena pour leur participation au dialogue national inclusif. Et est-ce que cet accord va leur permettre de participer au dialogue national inclusif  en toute sécurité ? Absolument, l’accord, entre autres, prévoit toutes les mesures sécuritaires nécessaires pour la protection des leaders et membres des mouvements politico-militaires signataires de cet accord. Je ne pense pas qu’il y ait quelqu’un qui puisse être menacé tout simplement parce qu’il rentre au Tchad. Et quelles sont les garanties que vous offrez à ces groupes politico-militaires ? D’abord, tous ceux qui ont été condamnés dans le passé pour acte de rébellion, ou acte répréhensible ne relevant pas du droit commun, seront amnistiés. S’ils ont des biens qui ont été confisqués dans le cadre de condamnations judiciaires, ils seront restitués. Une fois arrivés à Ndjamena ils auront des éléments de protection à leur disposition, pour ceux qui nécessiteraient une protection spéciale. Je pense que l’accord répond pratiquement à toutes les attentes des politico-militaires. Alors pour autant plusieurs groupes politico-militaires n’ont pas signé le texte, parmi eux le FACT et le CCMSR, est-ce que ça ne réduit pas la portée de cet accord ? Ça ne réduit en rien la portée de cet accord, et je pense que ceux qui ont choisi de ne pas signer l’accord étaient venus à ces discussions avec des a priori. Il n’y a rien de plus difficile que de convaincre quelqu’un qui a fondé tout son raisonnement sur des a priori ou des préjugés. Je pense que le FACT a toujours posé 4 conditions, et ces 4 conditions sont prises en charge dans cet accord. Le seul point pour lequel le FACT rejette actuellement cet accord, c’est la libération de ses prisonniers de guerre. Nous avions demandé qu’ils nous donnent des garanties, que ceux qui seront libérés ne vont pas rejoindre le FACT, et bien il n’y a pas de garantie à nous donner ! Comment voulez-vous que gouvernement libère des prisonniers de guerre pendant que les gens remettent à plus tard le DDR, si le DDR commençait de façon concommitante, avec leur participation au dialogue, les prisonniers allaient être libérés sur-le-champ, voilà le problème. Est-ce que sur ces points le dialogue peut être poursuivi avec les mouvements non signataires, est-ce que vous avez l’intention de le poursuivre avec eux ? En tout cas il n’y aura pas de nouvelle négociation, l’accord signé reste ouvert à tous ceux qui veulent s’y joindre à tout moment. ► À lire aussi : Tchad: Mahamat Idriss Déby revient de Doha avec un accord de paix, critiqué par la société civile
    8/10/2022
    4:11
  • Antony Blinken: «L'Amérique ne s'engage pas en Afrique à cause d'un autre pays»
    Le secrétaire d’État américain Antony Blinken, en tournée en Afrique pour redessiner la stratégie américaine sur le continent, a accordé à RFI une interview à Pretoria, en Afrique du Sud. Antony Blinken évoque la guerre en Ukraine, l'influence américaine en Afrique, mais aussi les tensions en cours entre le Rwanda et la République démocratique du Congo. Il est d'ailleurs attendu dès ce mardi 9 août en RDC pour la suite de sa tournée, avant de rejoindre le Rwanda. Votre visite en Afrique du Sud touche à sa fin. Vous êtes maintenant attendu en République démocratique du Congo puis au Rwanda. Vous avez pris connaissance du rapport des Nations unies qui documente la participation de soldats rwandais dans des attaques contre des soldats congolais au Congo, en soutien aux rebelles du M23 dans la province du Nord-Kivu. Le Rwanda rejette les conclusions de ce rapport. Est-ce que vous confirmez les conclusions du rapport de l'ONU ? Je vais surtout m’entretenir avec le leadership, à la fois en RDC et au Rwanda, pour essayer d'aider ceux qui veulent mettre fin au conflit et à la violence. Et surtout, soutenir des initiatives et des efforts africains, y compris l'effort du président sortant du Kenya, Kenyatta, dans un processus à Nairobi, pour essayer justement de trouver un avenir pacifique au Congo, à l'est. Pour nous, il s’agit de savoir comment être utile pour éviter que ces violences, non seulement continuent, mais s'accentuent de façon très regrettable.   Sur notre antenne, le ministre congolais des Affaires étrangères, Christophe Lutundula, a déclaré que les États-Unis ont un rôle à jouer dans la résolution de ce conflit. Il appelle également à des sanctions de la communauté internationale. Êtes-vous prêt à des sanctions, ou en tout cas à appeler la communauté internationale à des sanctions ? Et sinon, quel rôle précis peuvent jouer les États-Unis ? Dans un premier temps, c'est surtout à notre diplomatie d’essayer de soutenir les efforts qui sont déjà en cours, y compris par la SADC (Communauté de développement d’Afrique australe), y compris par l'initiative de Nairobi, et à nous de voir comment nous pouvons soutenir ces efforts, les aider à trouver une solution diplomatique pour éviter que la violence continue, et de façon soutenable. Parce que c'est une crise qui se répète, et je pense qu'il faut trouver une solution qui est vraiment durable.   Lors de la conférence de presse avec la ministre sud-africaine des Relations internationales, Naledi Pandor, il a été question du manque de constance des États-Unis, capables à la fois de condamner, de demander des sanctions dans certains conflits, puis dans d'autres, de rester silencieux. Est-ce que le cas du Congo et du Rwanda illustre le deux poids, deux mesures des États-Unis ?  Je pense qu'il faut voir chaque défi dans ses propres détails. On essaie d'utiliser, selon le défi, les outils que nous jugeons les plus appropriés, les plus efficaces. Ce n'est pas toujours la même chose dans un cas ou dans l'autre, mais effectivement, il faut essayer quand même de rester fidèle à ses principes et de rester fidèle au but que nous avons. C'est d'essayer de trouver la paix où il y a conflit, d'éviter le conflit où il y a la paix. Après la République démocratique du Congo, vous allez vous rendre au Rwanda. Est-ce que le soutien du Rwanda aux rebelles du M23 sera au menu des discussions avec le président Paul Kagame ? Je pense qu'il faut qu'il y ait une cessation de tout soutien aux groupes armés quels qu'ils soient. Ce n'est pas un moyen de faire avancer la paix, la sécurité, la stabilité, c'est tout le contraire. Donc nous allons de toute manière en parler avec le président. Au Rwanda, il y a un résident américain qui est détenu, qui a été condamné à 25 ans de prison, c'est Paul Rusesabagina. Il est connu pour avoir inspiré le film Hôtel Rwanda, mais aussi pour être un opposant au président Paul Kagame. Allez-vous demander sa libération ?   Oui, de toute manière, dans hélas pas mal de pays à travers le monde, il y a des Américains ou des résidents américains qui sont détenus de façon injuste. Pour moi, c'est une priorité, où que ce soit, d'essayer d’œuvrer à leur retour, chez nous, aux États-Unis.   Votre tournée en Afrique intervient après celle du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Est-ce que les États-Unis redoutent une perte d'influence sur le continent africain ? Je ne suis pas là parce qu'il y a une compétition avec qui que ce soit d'autre. Ce n'est pas un voyage, non seulement un voyage, ce n'est pas un engagement américain en Afrique à cause d'un autre pays, mais au contraire parce que l'avenir du monde sera défini de façon très importante en Afrique. Et donc ce que nous faisons ici, c'est que nous établissons des partenariats, nous essayons de travailler en commun sur les défis qui ont un vrai impact sur la vie de nos concitoyens, que ce soit le défi du Covid-19, que ce soit le climat, que ce soit l'impact des nouvelles technologies sur la vie de nos citoyens. Et donc pour nous, ce n'est pas du tout une question d'imposer un choix, mais d'offrir le choix pour les pays en Afrique. Et nous avons un agenda très positif pour cet avenir. J'ai eu l'occasion, ici, en Afrique du Sud, d'élaborer un peu notre stratégie pour l'Afrique et j'en parlerai lors des autres voyages à l'avenir. C’est un voyage où il est beaucoup question de la guerre en Ukraine. Vous êtes dans un pays qui refuse de parler d'invasion russe de l’Ukraine. Est-ce que vous avez eu cette discussion franche avec Naledi Pandor, la ministre sud-africaine des Relations internationales ? Est-ce que vous avez essayé de faire bouger les lignes ?    Nous en parlons souvent. Ce n'est pas la première fois, et nous sommes, je pense, ensemble sur les principes les plus importants. Ce qui se passe en Ukraine, c'est non seulement une agression contre le peuple ukrainien, c'est aussi une agression contre les principes qui sont à la base du système international, qui sont à la base de la charte des Nations unies, qui sont très importants pour l'Afrique du Sud, y compris pour des pays à travers l'Afrique. L'idée qu'un pays n'a pas le droit de changer les frontières d'un autre par la force, l'idée qu'un pays n'a pas le droit de prendre le territoire d'un autre pays, c'est quelque chose qui résonne en Afrique, vue l'histoire de l'Afrique. Cette agression impérialiste de Vladimir Poutine en Ukraine, c'est quelque chose qui a un lien avec l'histoire de beaucoup de pays en Afrique. Et en plus, il y a des conséquences en Afrique et à travers le monde, surtout au niveau alimentaire, où il y a une crise qui existait déjà à travers le monde, à cause du climat, puis le Covid-19, et maintenant le conflit. Pour moi, il est très important de montrer tout ce que nous faisons pour essayer, justement, de faire face à cette crise avec les pays africains. Une aide humanitaire très importante depuis l'agression russe, 6 milliards de dollars ou presque depuis février, mais surtout un investissement dans l'avenir agricole en Afrique, pour qu'il y ait une autosuffisance de production, pour que, s'il y a une autre crise à l'avenir, l'Afrique puisse faire face plus facilement.   Cela faisait sept ans que les relations avec l'Afrique du Sud n'avaient pas été ainsi renouées, c'est ce qu'a dit la ministre des Relations internationales. Est-ce que la politique africaine de l'ancienne administration, les propos injurieux de Donald Trump ont fait du mal à votre administration, pour essayer de retisser des liens sur le continent africain ?  Moi, je me concentre sur le présent et sur l'avenir. Le passé n'a pas d'importance. Ce qui est important, c'est ce que nous faisons aujourd'hui, ce que nous ferons demain ensemble. Nous avons eu, aujourd'hui, avec l'Afrique du Sud, le redémarrage d'un dialogue stratégique très important parce qu’il se concentre sur des sujets qui ont un vrai impact sur la vie des Sud-Africains et des Américains : des questions de santé, des questions de climat, l'investissement dans l'infrastructure, l'investissement plus global. Donc pour nous, c'est aujourd'hui, c'est demain, hier, c'est hier.   Un dernier mot. Les Kényans sont appelés aux urnes pour élire leur nouveau président. Est-ce que c'est une élection présidentielle que les États-Unis suivent particulièrement ? Nous suivons ça de près, comme beaucoup de monde à travers l'Afrique et à travers le monde. Jusqu'ici, je crois que ça se présente de façon très positive pour avoir une élection qui est libre, avec une participation importante et sans violence. C'est ce qu'attend le monde, c'est ce qu'attend l'Afrique de cette élection et nous suivrons ça de près.  ► À lire aussi : La visite d'Antony Blinken suscite de nombreuses attentes en RDC
    8/9/2022
    8:53
  • Élections au Kenya: «Les alliances politiques sont dictées par le pragmatisme et une volonté de survie»
    Les Kényans se rendent aux urnes demain mardi pour des élections présidentielle, législatives et locales. Après deux mandats, le président sortant Uhuru Kenyatta n'a pas eu la possibilité de se représenter. Le scrutin est donc dominé par deux figures : celles du vice-président William Ruto et de l'ancien opposant Raila Odinga qui se retrouvent, en raison des jeux d'alliance, dans des postures inattendues. Le président sortant soutient en effet son ancien opposant contre son vice-président. D'où vient cette surprenante entente ? Quelles ont été ses conséquences sur la campagne ? Décryptage avec Nicolas Delaunay, du bureau de l'ONG International Crisis Group à Nairobi. La configuration de cette élection est inhabituelle puisqu’on a un président Uhuru Kenyatta, qui ne peut pas se représenter, mais qui a lâché son vice-président William Ruto pour soutenir de manière explicite un troisième personnage : l'ancien opposant, Raila Odinga. Qu’est-ce qui explique cette rupture ? C’est vrai qu’on se retrouve dans une situation qui est totalement inédite dans l’histoire politique kenyane, avec d’un côté Raila Odinga, qui est une figure historique de l’opposition au Kenya, et qui mène campagne quasiment comme le candidat du pouvoir, vu qu’il est soutenu par le président sortant... Et de l’autre, on a William Ruto, qui est le vice-président sortant et qui, par la force des choses, a presque endossé le rôle de candidat d’opposition. Je pense qu’il faut d’abord comprendre que les alliances politiques au Kenya sont souvent dictées par le pragmatisme et une volonté de survie politique et économique de la part des élites, et beaucoup moins par l’idéologie. Ce sont des alliances qui bougent assez régulièrement. Après, sur les raisons précises de la rupture entre les deux hommes, c’est beaucoup plus flou. Des sources au sein du camp Kenyatta avancent qu’ils étaient préoccupés par les accusations de corruption qui ont marqué la carrière politique de William Ruto. Le camp Kenyatta a également annoncé que William Ruto voyait d’un très mauvais œil le rapprochement qui avait été opéré entre Uhuru Kenyatta et Raila Odinga début 2018. Des sources au sein du camp Ruto avancent que le camp Kenyatta et la famille Kenyatta voient en fait une présidence Ruto beaucoup trop imprévisible, et que leur intérêt économique et politique serait mieux servi par une présidence Odinga. Le sortant Uhuru Kenyatta n’est donc pas candidat à cette élection parce qu’il n’avait pas constitutionnellement droit à un troisième mandat. Est-ce que son ombre tout de même a plané d’une manière ou d’une autre sur la campagne ? L’ombre d’Uhuru Kenyatta a indéniablement plané sur cette élection, on sent qu’il y a une véritable volonté de la part du président sortant de modeler d’une manière ou d’une autre sa succession, tout simplement parce qu’il soutient ouvertement un des deux candidats. Donc ça veut dire qu’il est visible publiquement : il s’affiche, il fait campagne en faveur de Raila Odinga et donc forcément, il occupe un grand espace politique dans cette campagne. Quelles sont les questions qui préoccupent le plus les Kényans à la veille de ce scrutin ? Très clairement, c'est la hausse du coût de la vie. Le Kenya, comme beaucoup d’autres pays, subit toujours les conséquences du ralentissement économique dû à la pandémie du Covid-19, ainsi que la hausse du prix des marchandises, des denrées alimentaires en raison de la guerre en Ukraine. De plus, le nord du Kenya, comme une bonne partie de la Corne de l’Afrique, fait face actuellement à sa pire sécheresse en 40 ans, donc ça a forcément des conséquences sur la santé économique du Kenya. Un autre des sentiments qui prédominent, c’est qu’il y a une sorte de fatigue de la part de l’électorat vis-à-vis des jeux d’alliances des élites politiques. Les candidats ont du mal à convaincre l’électorat qu'ils comprennent vraiment leur situation et on note ce désintérêt de la part des électeurs, notamment auprès des jeunes électeurs qui ne se sont pas inscrits en nombre sur les listes électorales. Et à la veille de ce scrutin, qu’est-ce que vous retenez de la campagne qui vient de se dérouler ? Je retiendrai ce qui me semble être un développement positif pour la scène politique kényane : c’est que la rhétorique de la campagne électorale a été beaucoup moins tournée vers la mobilisation des groupes ethniques en tant que blocs électoraux, et a beaucoup plus porté sur d'autres questions, avec notamment William Ruto qui a beaucoup joué sur la dynamique de l’anti-establishment, en quelque sorte, en jouant sur ses origines beaucoup plus modestes. Qu’est-ce qui explique qu’on ait assisté à ce changement de registre, est-ce que c’est cette configuration politique complètement neuve dont on parlait il y a un instant ? Je pense qu’indirectement, le revirement d’Uhuru Kenyatta a en quelque sorte redistribué les cartes de la politique kényane. Uhuru Kenyatta, qui est issu de la communauté Kikuyu, et Raila Odinga, qui est issu de la communauté Luo, qui sont des rivaux historiques, se sont retrouvés dans une alliance que certains pourraient même qualifier de contre-nature, et c’est ça qui a complètement redistribué les cartes. On se souvient qu’en 2007-2008, les élections avaient conduit à une crise politique, à de très graves violences... Est-ce que le contexte s’est apaisé depuis, ou est-ce qu’il reste inflammable ? Je pense que la situation a beaucoup évolué depuis 2007. On ne peut pas comparer ce qui s’est passé à l’époque et les risques qui existent pour cette élection. On ne peut pas tout prédire, et je pense qu’il faut souligner qu’en 2007-2008 il y avait peu de gens qui avaient prédit l’ampleur des violences qui avaient frappé le Kenya... Je pense malgré tout qu’il est très improbable qu’on ait affaire à des violences d’une telle ampleur. Je pense que les éléments qui ont évolué, notamment, c’est que le Kenya s’est doté à la suite de ces violences d’une nouvelle Constitution. Il y a un certain niveau de décentralisation qui a permis de réduire l’enjeu de l’élection présidentielle, les institutions ont été renforcées, parfois de manière très imparfaite, mais on voit par exemple que les institutions judiciaires ont acquis un certain niveau d’indépendance. En 2017, la Cour suprême avait invalidé le résultat de l’élection présidentielle et avait ordonné qu’un nouveau scrutin soit organisé. Cette Cour suprême a atteint un niveau d’indépendance qui lui a permis de prendre une décision qui n’était pas forcément favorable au pouvoir. Autre chose : on a vu très peu de déclarations incendiaires ou chargées d’un point de vue communautaire, et dès qu’il y a eu des déclarations de ce type, elles ont tout de suite été condamnées par les candidats William Ruto et Raila Odinga. Ce qui reste malgré tout inquiétant, c'est que le vote est vu comme un enjeu existentiel pour les élites politiques, qui sont aussi des élites économiques, et donc verraient une défaite comme une catastrophe pour leur survie politique et économique.
    8/8/2022
    5:29
  • Vincent Biruta: «Ce qui est visible, c'est la présence du FDLR avec une idéologie génocidaire»
    Le Rwanda répond au rapport des experts des Nations unies. Selon une enquête qui a fuité dans la presse cette semaine, Kigali aurait déployé des centaines de soldats dans l'Est de la République démocratique du Congo, et ce depuis novembre. Les Rwandais soutiendraient aussi les rebelles du M23. Hier sur notre antenne, Christophe Lutundula, le ministre des Affaires étrangères de la RDC, a accusé le Rwanda d'avoir violé la souveraineté du Congo et demande à la communauté internationale de prendre des sanctions. Ce matin, réponse de son homologue, le chef de la diplomatie rwandaise, Vincent Biruta. Ce dernier explique ne pas avoir lu le rapport mais il émet déjà des doutes sur son impartialité. Comment réagissez-vous à ce rapport de l’ONU ? Vincent Biruta: J’ai entendu que le Rwanda était accusé d’être intervenu auprès du groupe M23 en RDC. J’espère que les experts ont pu fonder un rapport basé sur des faits, et si les experts n’ont vu que les soldats rwandais, n’ont pas pu voir les membres des FDLR, n’ont pas pu rapporter sur la collaboration des FDLR et des forces armées de République Démocratique du Congo. Si les drones qu’ils ont utilisés ont vu des soldats Rwandais et n’ont pas pu identifier les pièces d’artillerie qui ont bombardé le territoire rwandais à partir de la RDC le 19 mars, 23 mai et le 10 juin. Si les experts n’ont pas pu rapporter sur les discours de haine qui ont été diffusés ces derniers temps par les dirigeants du gouvernement, les membres de la société civile, et par des individus congolais, il y aurait un problème. À l’aide d’images de drones, de multiples photos, de vidéos, de témoignages, les enquêteurs affirment avoir des preuves solides montrant que l’armée rwandaise est présente dans l’Est du Congo, depuis novembre dernier. Est-ce que vous confirmez la présence de vos soldats au Congo ? Je ne confirme rien. Mais je dis bien qu’un rapport comme celui-là, si les experts ont fait leur travail, ils devraient aussi avoir regardé tous les côtés et avoir vu aussi la collaboration entre les FDLR et les FARDC, les pièces d’artillerie qui ont bombardé le territoire rwandais à partir du territoire congolais à trois reprises. J’imagine que les experts ont pu aussi enquêter sur les FDLR, qui sont la cause de tous les problèmes que vous voyez, le M23 je ne crois pas que ce soit la cause des problèmes, c’est une conséquence des problèmes de l’exportation de l’idéologie génocidaire par les FDLR qui ont attaqué les populations congolaises et en ciblant des communautés particulières, c’est cela qui a fait qu’il y a eu des groupes successifs qui ont été créés par les uns et les autres pour se défendre contre les FDLR.  À l’Est de la RDC il y a plus de 130 groupes armés, le groupe des experts s’intéresse particulièrement à un seul, ils font des efforts énormes pour les relier au Rwanda et ils pensent qu’ils ont découvert quelque chose d’énorme. Là c’est grave, la chose énorme qui aurait pu être découverte, qui est visible c’est la présence des FDLR avec l’idéologie génocidaire. C’est comme un médecin qui irait traiter des symptômes sans se soucier de la cause de la maladie. Pourtant le rapport s’attarde beaucoup sur le cas du M23. Le rapport affirme que les militaires rwandais soutiennent, en matériel et en armes, les rebelles du M23. Est-ce que c’est vrai ? Nous, nous allons commenter ce rapport sur la base des éléments qui sont présentés dans ce rapport, quand nous aurons reçu ce rapport. Maintenant que j’aille me prononcer sur base des éléments qui ont été présentés dans ce rapport qui n’a pas été soumis officiellement, mais dont une fuite a été organisée pour des raisons qui sont connues par les experts qui ont organisé cette fuite, ce serait dangereux, ce serait m’aventurer dans des spéculations qui ne contribueraient pas nécessairement à résoudre la question d’insécurité dans notre sous-région. Le rapport montre aussi la collaboration entre l’armée congolaise et divers groupes armés, que soldats congolais et miliciens ont combattu ensemble le M23 et les soldats rwandais, que les FARDC ont donné des armes et des munitions à ces mouvements.  Comment réagissez-vous à cela ? Nous, nous avons dénoncé depuis le début la collaboration entre les FARDC et le FDLR et il y a des preuves que les experts ne voient rien, que la Monusco qui est présente sur le terrain tout le temps ne voit rien pendant 20 ans, c’est un problème donc c’est un rapport qui devrait être biaisé et qui avait pour objectif d’incriminer le Rwanda. Sur cette collaboration entre armée congolaise et FDLR dont vous estimez avoir des preuves, qu’est-ce que le Rwanda demande dans ce dossier ? Nous demandons que la communauté internationale et le gouvernement congolais s’occupent de la question des FDLR et d’autres groupes armés qui déstabilisent la région. Tous ces groupes armés avec l’idéologie génocidaire et qui ont le plan de déstabiliser le Rwanda et de continuer ou de terminer le génocide qu’ils n’ont pas pu terminer d’après eux, là c’est notre souci majeur. Tant que ce problème ne sera pas résolu, tant que la communauté internationale et le gouvernement congolais ne vont pas être sérieux avec ce problème. En tout cas les relations entre la RDC et le Rwanda vont continuer à être perturbées. Dans ce contexte-là, est-ce que les négociations avec la RDC sous médiation de l’Angola, sont mortes ? Non, pas mortes en ce qui nous concerne. On est disposé à contribuer positivement aux mécanismes régionaux qui sont en place et je rappelle que le processus de Nairobi comprend deux composantes : il y a un processus politique et puis il y a une intervention militaire, et rien n’empêche qu’un processus politique soit mis en marche même maintenant, mais rien n’empêche qu’aujourd’hui le gouvernement congolais parle aux différents groupes armés, dont le M23 qui a signé des accords déjà en 2013 avec le gouvernement congolais qui n’ont pas été mis en œuvre. Donc je demanderai que le processus politique que les chefs d’Etats ont recommandé à Nairobi se mette en marche, et rien ne l’en empêche, ce qui l’empêche c’est peut-être le manque de volonté politique de la part du gouvernement congolais. J’imagine que ce processus politique pourrait aussi trouver une solution aux dizaines de milliers de réfugiés congolais qui viennent de passer au Rwanda et en Ouganda plus de 20 ans. On traite la question du M23 mais le M23 ils ont repris les armes pourquoi ? Je rappelle encore une fois que le M23 est un mouvement congolais composé peut-être d’une grande majorité de Congolais qui parlent le kinyarwanda, et s’ils parlent le kinyarwanda c’est à cause de l’histoire, ce n’est pas eux qui sont à l’origine de ce problème. Et donc si on veut une solution durable, il faut regarder tous ces problèmes à la base de la situation d’insécurité dans notre sous-région. Pour que les choses aillent mieux, la RDC demande que le Rwanda cesse de violer sa souveraineté, d’envoyer des soldats sur son territoire et de soutenir le M23. Comment réagissez-vous à cela ? Le principe de souveraineté s’applique aussi bien à la RDC qu’au Rwanda. Quand on entretient des groupes armés comme les FDLR pendant des dizaines d’années, quand les FRDC s’associent avec les FDLR qui bombardent les territoires rwandais, une, deux, trois fois, ça c’est une violation de notre souveraineté nationale, c’est une violation de l’intégrité territoriale, il faut commencer par respecter la souveraineté, l’intégrité territoriale des voisins. Après le rapport ne parle pas de soldats congolais entrés au Rwanda mais plutôt de centaines de soldats rwandais entrés au Congo depuis novembre… Ecoutez, que ce soit 10, 20, 30, ça ne compte pas. Moi je vous dis, il y a des attaques sur le territoire rwandais à partir du territoire congolais. Et il y a eu des FDLR qui collaborent avec les FARDC qui se sont infiltrés sur notre territoire au mois de novembre 2021, ça c’est la dernière attaque, et qui ont tué des citoyens rwandais, c’est une violation de la souveraineté, c’est une violation de notre intégrité territoriale, et c’est une menace à la sécurité de notre pays et donc tout cela ça doit être pris en sérieux, ce n’est pas une question de dizaine, vingtaine, centaine, ça, ça importe peu.
    8/7/2022
    7:30

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