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  • Qu’est-ce que l’euro numérique et pourquoi le projet divise l’Europe?

    13.01.2026

    Alors que près de 70 économistes européens viennent d’alerter les eurodéputés dans une lettre ouverte, l’euro numérique revient au cœur du débat politique. Derrière ce projet porté par la Banque centrale européenne (BCE) se joue une question clé : qui contrôlera la monnaie et les paiements dans le monde numérique de demain ? L’euro numérique, disons-le d’emblée, n’existe pas encore. Il s’agit pour l’instant d’un projet porté par la Banque centrale européenne (BCE), qui pourrait voir le jour à l’horizon 2029. Un projet qui peut sembler abstrait, mais qui est en réalité très concret. Concrètement, l’euro numérique serait une nouvelle forme d’euro émise directement par la BCE, mais sous forme numérique. Autrement dit, il s’agirait de monnaie de banque centrale, comme les billets et les pièces, à la différence près qu’elle ne serait pas matérielle. Elle serait stockée dans un portefeuille numérique, par exemple sur un smartphone. Beaucoup se demandent alors : mais quand on paie aujourd’hui avec une carte bancaire, ce n’est pas déjà de l’argent numérique ? La réponse est oui et non. Les paiements sont bien dématérialisés, mais la monnaie utilisée n’est pas la même. L’argent présent sur un compte bancaire est créé par les banques commerciales, et chaque paiement passe par une chaîne d’intermédiaires privés : banques, réseaux de cartes, prestataires techniques. Avec l’euro numérique, ce schéma changerait. Le paiement se ferait directement en monnaie de banque centrale, sans intermédiaire, comme si l’on tendait un billet mais de manière digitale. Un projet qui ne remplace pas le cash, mais ajoute une option L’euro numérique n’a pas vocation à faire disparaître l’argent liquide. Il serait complémentaire, offrant simplement une option de paiement supplémentaire aux citoyens et aux entreprises. Mais si le projet est aujourd’hui au centre des discussions, c’est avant tout pour une raison de souveraineté. Car, avec les moyens de paiement actuels, l’Europe a pris conscience de sa forte dépendance à des acteurs non européens, le plus souvent américains. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : sept paiements par carte sur dix en Europe transitent par Visa ou Mastercard. PayPal, Apple Pay ou Google Pay occupent également une place croissante dans les usages du quotidien. Cette dépendance n’a longtemps pas posé de problème majeur. Mais le contexte géopolitique a profondément changé. Si demain ces technologies américaines devenaient inaccessibles ou restreintes, c’est tout le système de paiement européen qui pourrait être affecté, voire bouleversé. Stablecoins, dollar et souveraineté : un débat très politique À cela s’ajoute un autre phénomène : l’explosion des stablecoins, ces monnaies numériques privées, le plus souvent indexées sur le dollar. Les États-Unis soutiennent clairement leur développement, y voyant un moyen de renforcer la domination du billet vert dans la finance numérique mondiale. La conséquence est simple : si demain vous payez avec un stablecoin en dollars, vous ne payez plus vraiment en euros. Face à cette dynamique, l’Europe cherche à proposer sa propre alternative : l’euro numérique. Mais la question demeure : ce projet peut-il réellement fonctionner ? C’est tout l’enjeu du débat actuel. Dans leur tribune récente, 70 économistes européens plaident pour que l’euro numérique reste une monnaie publique, sans passer par les banques classiques. Une position qui se heurte au scepticisme du secteur bancaire, inquiet notamment d’une possible fuite des dépôts. Le sujet est donc particulièrement sensible. Bruxelles doit trouver un équilibre délicat : proposer une monnaie numérique publique crédible à l’échelle mondiale, capable de rivaliser avec les solutions américaines, sans fragiliser le système bancaire européen. Un défi de taille, alors qu’un possible lancement est donc envisagé dans environ trois ans, en 2029. À lire aussiLa Bulgarie passe à l’euro : entre promesses économiques et craintes de hausse des prix

  • Venezuela: pourquoi la dette du pays intéresse la finance mondiale

    12.01.2026

    En défaut de paiement depuis 2017, frappé par l’hyperinflation et sous sanctions internationales, le Venezuela semble à première vue infréquentable pour les investisseurs. Pourtant, ces dernières semaines, sa dette suscite un intérêt croissant dans le monde de la finance, en particulier chez les fonds spéculatifs. Plus d’une semaine après l’enlèvement de Nicolas Maduro par les États-Unis, l’économie vénézuélienne revient sur le devant de la scène. Le pays est, depuis des années, frappé par une hyperinflation massive, miné par la corruption et soumis à de lourdes sanctions internationales. Une situation qui a conduit Caracas à cesser de rembourser ses dettes dès 2017. Contre toute attente, ces dettes suscitent aujourd’hui un vif intérêt auprès des acteurs de la finance internationale, et notamment des fonds spéculatifs. Pour comprendre cette situation paradoxale, il faut remonter près de vingt ans en arrière. Nationalisations, expropriations et montagne de créances En 2007, le président Hugo Chavez lance une vaste vague de nationalisations. Des champs pétroliers, des mines, ainsi que de nombreuses entreprises pétrolières et énergétiques passent sous contrôle de l’État. Les sociétés étrangères concernées sont expropriées et saisissent alors la justice internationale. Le Venezuela est condamné à verser des indemnisations, mais ne s’exécute pas. Résultat : une accumulation de créances et de dettes colossales. La dette totale du pays est aujourd’hui estimée entre 150 et 170 milliards de dollars. Les entreprises concernées conservent d’abord ces créances en espérant être remboursées un jour. Mais face à l’impasse, beaucoup finissent par les revendre, à prix fortement décoté, à des fonds spéculatifs. Ces derniers acceptent de prendre le risque de ne jamais revoir leur argent, avec l’espoir de réaliser un gain important si la situation évolue favorablement. Un pari sur l’avenir politique et pétrolier du Venezuela Ce pari, longtemps jugé excessivement risqué, semble aujourd’hui changer de nature. Donald Trump affirme vouloir relancer la production pétrolière du Venezuela. Or, pour y parvenir, le pays aura besoin d’investissements étrangers, de technologies occidentales et de partenariats internationaux. Dans ce contexte, régler une partie des anciens litiges financiers devient un outil à la fois politique et économique. Aucun investisseur sérieux ne s’engage durablement dans un pays qui refuse de solder ses dettes passées. Pour les fonds spéculatifs, l’espoir est donc clair : une transition politique, une restructuration de la dette et un retour progressif du Venezuela sur les marchés internationaux. Ces investisseurs n’achètent pas la réalité actuelle du pays, mais la probabilité d’un futur plus stable. Pour l’instant, toutefois, rien n’est acquis et le risque demeure élevé. Reste une question centrale : si le Venezuela se relève, le fera-t-il au bénéfice de sa population, ou de ceux qui ont parié sur sa chute ? À lire aussiPétrole vénézuélien: pourquoi les compagnies américaines ne partagent pas l'enthousiasme de Donald Trump

  • Wegovy, Ozempic, Mounjaro: la guerre des prix des médicaments anti-obésité est lancée

    09.01.2026

    Les médicaments anti-obésité rencontrent un succès croissant, notamment aux États-Unis. Dernier fait marquant : le laboratoire danois Novo Nordisk vient de lancer son traitement anti-obésité sous forme de comprimé, à un prix inédit. Une offensive tarifaire qui pourrait bien rebattre les cartes d’un marché jusqu’ici dominé par la rareté et des prix très élevés. Novo Nordisk est en forme. Et pour cause, le laboratoire danois a lancé cette semaine son traitement anti-obésité en comprimé, une première majeure sur ce marché. Plus frappant encore, ce nouveau médicament est proposé à 149 dollars par mois, un niveau de prix extrêmement bas comparé aux standards historiques du secteur. Il s’agit d’un prix d’appel pour une entrée de gamme, aujourd’hui imbattable sur ce créneau. En optant pour une formule orale, le laboratoire casse les codes d’un marché qui reposait jusqu’ici sur une logique de rareté. Or, qui dit rareté, dit prix élevés : les traitements anti-obésité se vendaient souvent au-delà de 1 000 dollars par mois. Cette ère pourrait bien toucher à sa fin. Avec cette stratégie, Novo Nordisk ouvre une nouvelle séquence concurrentielle qui remet profondément en question le modèle économique du secteur. La pilule, un changement d’usage qui bouleverse la concurrence Ce choix marque une rupture. L’adoption de la pilule supprime en effet un frein important à l’utilisation de ces traitements. Cela peut paraître anecdotique, mais c’est une réalité : la peur des piqûres constitue un obstacle pour de nombreux patients. En combinant une nouvelle forme de prise du médicament et une politique de prix agressive, Novo Nordisk bouleverse l’équilibre du marché. Désormais, la concurrence ne se joue plus seulement sur l’efficacité médicale des molécules, mais de plus en plus sur le prix et l’accessibilité. Les concurrents tentent de s’aligner. Le laboratoire américain Eli Lilly, qui commercialise notamment Zepbound, a déjà annoncé des plafonds de prix autour de 399 dollars par mois, afin de rester compétitif face à l’offensive du groupe danois, à doses équivalentes. Cette dynamique est d’autant plus forte que l’administration américaine cherche elle aussi à rendre ces traitements plus abordables, via des accords tarifaires signés avec les laboratoires, qui jouent pour l’instant le jeu de la concurrence. À lire aussiL’obésité: ni une faute, ni une fatalité Vers une banalisation des médicaments anti-obésité ? Cette baisse des prix fait émerger une question centrale : les médicaments anti-obésité sont-ils en train de se banaliser ? Pour le moment, la réponse semble être oui. Chaque laboratoire développe sa propre molécule, et cette diversité de l’offre favorise une diversification de la demande. Les analystes estiment d’ailleurs que les formes orales, donc en comprimé, pourraient représenter jusqu’à 20 % du marché mondial des médicaments anti-obésité d’ici à 2030. Reste une interrogation majeure : pourquoi proposer ces traitements à des prix plus bas alors que leur développement a coûté très cher ? La réponse est économique. Avec des prix très élevés, les marges sont fortes, mais le marché reste limité. À long terme, la croissance finit par s’essouffler. La solution consiste donc à changer d’échelle. En diversifiant l’offre et en baissant les prix, les laboratoires cherchent à toucher de nouveaux patients et à ne plus se concentrer uniquement sur le marché américain. Aux États-Unis, plus de 100 millions de personnes sont concernées par l’obésité. À l’échelle mondiale, selon l’OMS, cette situation touche une personne sur huit. La baisse des prix pourrait ainsi être compensée par un nombre bien plus élevé de patients. Mais cette stratégie reste à double tranchant. Si la compétition tarifaire ouvre la voie à une démocratisation sans précédent de la prise en charge de l’obésité, elle illustre aussi une logique spéculative et purement commerciale appliquée à un enjeu majeur de santé publique. À lire aussiEndiguer l’obésité : un enjeu de santé publique pour toute l’Europe

  • États-Unis: comment les droits de douane de Donald Trump peuvent faire baisser l'inflation

    08.01.2026

    Alors que de nombreux économistes prédisaient une flambée des prix, les droits de douane imposés par Donald Trump semblent, contre toute attente, avoir freiné l’inflation aux États-Unis. Un paradoxe économique mis en lumière par plusieurs études récentes, qui s’explique davantage par un ralentissement de l’activité que par une véritable victoire contre la hausse des prix. En théorie, le raisonnement économique est bien connu. Lorsqu’un pays impose des droits de douane élevés sur les importations, les biens venus de l’étranger deviennent plus chers. Ces hausses de coûts sont généralement répercutées sur les consommateurs, ce qui entraîne une augmentation des prix et, mécaniquement, une inflation plus forte. C’est précisément ce scénario qui était largement anticipé au printemps dernier, lorsque Donald Trump a annoncé de nouvelles surtaxes sur les importations. Pourtant, les faits ont déjoué les prévisions. L’inflation américaine n’a pas explosé. Elle reste certes élevée - autour de 3 % - mais elle n’a pas connu l’emballement redouté par de nombreux analystes. À lire aussiUn an après la réélection de Donald Trump, qui paie vraiment ses taxes douanières? Quand l’histoire économique raconte une autre réalité Face à ce constat, la Réserve fédérale de San Francisco a décidé de prendre du recul et d’analyser les données historiques. Sur près de 150 ans d’observations, aux États-Unis comme en Europe, les résultats sont clairs, bien que contre-intuitifs : les hausses de droits de douane sont souvent associées à une baisse de l’inflation. Cela ne signifie pas que les surtaxes font baisser les prix directement. En réalité, elles déclenchent d’autres mécanismes économiques. L’annonce de droits de douane élevés crée de l’incertitude : les entreprises hésitent à investir, les chaînes d’approvisionnement sont perturbées et les consommateurs deviennent plus prudents. La demande ralentit. Pour les entreprises, cela se traduit par moins d’embauches et une hausse du chômage. Les indicateurs économiques passent alors au rouge. Dans ce contexte, pour continuer à vendre, les entreprises limitent les hausses de prix, voire n’en appliquent pas du tout. Résultat : l’économie ralentit, et une économie qui ralentit est une économie où les prix augmentent moins vite. C’est précisément ce qui se produit aujourd’hui aux États-Unis. Un effet temporaire et des limites à long terme Faut-il pour autant conclure que les droits de douane sont un outil efficace contre l’inflation ? Pas si vite. Des travaux de l’Université Northwestern montrent que les droits de douane peuvent bien provoquer une légère hausse de l’inflation au départ, mais que cet effet reste temporaire. Dans l’immédiat, de nombreuses entreprises américaines ont choisi de réduire leurs marges afin d’absorber le coût des surtaxes et d’éviter de le répercuter sur les consommateurs. Le choc inflationnniste s’est donc révélé moins fort que prévu. À plus long terme, en revanche, les incertitudes demeurent. Lorsque des mesures similaires ont été appliquées dans les années 1930, le contexte économique était très différent. Aujourd’hui, le secteur manufacturier américain dépend fortement de composants importés et de chaînes de production mondialisées. Sur la durée, les entreprises finissent généralement par répercuter ces surcoûts dans leurs prix de vente. En définitive, si les droits de douane peuvent temporairement limiter la hausse des prix, ils le font au prix d’un ralentissement économique. Ils ne constituent donc pas une arme durable contre l’inflation, mais plutôt un remède aux effets secondaires lourds pour l’activité et l’emploi.

  • Intelligence artificielle, Fed, cryptomonnaies: les mots de l'économie en 2026

    07.01.2026

    À l’aube de 2026, l’économie mondiale s’organise autour de quelques mots-clés majeurs. Derrière ces termes se dessinent les grands moteurs de croissance, mais aussi les principales zones de tension qui pourraient marquer l’année à venir. L’intelligence artificielle s’impose comme l’un des moteurs les plus importants de l’économie mondiale, si ce n’est le premier. Les investissements dans le secteur explosent, se chiffrant en milliards d’euros chaque année. Les centres de données poussent à un rythme impressionnant et certaines entreprises affichent déjà des profits historiques. Un autre élément essentiel réside dans le lien étroit entre l’IA et les marchés financiers. L’intelligence artificielle soutient directement les marchés, et réciproquement, en particulier aux États-Unis. C’est précisément pour cette raison que le sujet restera scruté de très près cette année. Beaucoup craignent toutefois une bulle de l’IA. Pas une bulle comparable à celle des années 2000 avec Internet, lorsque les prix étaient largement déconnectés de la réalité, mais plutôt une bulle d’anticipations. Les profits sont bien là, mais les attentes sont immenses. Le moindre ralentissement pourrait provoquer des remous sur les marchés. Les inquiétudes portent également sur l’emploi, la consommation d’énergie et la régulation. Enfin, il faut le souligner : l’intelligence artificielle est devenue un véritable champ de bataille stratégique entre la Chine et les États-Unis. Ce rapport de force devrait encore s’intensifier en 2026. Cour suprême et Fed, deux institutions américaines au cœur du jeu Les États-Unis seront au centre de l’actualité économique mondiale à travers deux institutions clés. D’abord, la Cour suprême, qui doit se prononcer à la fin du printemps sur la légalité des droits de douane imposés par Donald Trump. Une décision défavorable remettrait en cause toute l’architecture économique qui s’est adaptée à ces mesures au cours de l’année écoulée. L’autre institution déterminante reste la Réserve fédérale américaine. Un nouveau gouverneur, proche de Donald Trump, doit prendre la tête de la Fed. Après plusieurs baisses de taux directeurs, l’institution pourrait toutefois revoir sa stratégie si l’inflation ne ralentit pas suffisamment. Une telle inflexion ne serait pas sans conséquences. Elle affecterait l’ensemble des acteurs financiers et exposerait la planète à un possible choc économique, tant le rôle de la Fed reste central dans l’équilibre des marchés mondiaux. Cryptomonnaies et or, entre innovation et refuge Autre facteur susceptible de bousculer la finance mondiale en 2026 : les cryptomonnaies. Le bitcoin, en particulier, est observé de très près par les marchés. Ses phases de baisse ont souvent précédé des corrections boursières, ce qui en fait un indicateur surveillé avec attention. La grande nouveauté réside dans les stablecoins. Ces cryptomonnaies adossées au dollar sont encouragées par les autorités américaines, car elles permettent au billet vert de se diffuser encore davantage dans le monde, sans passer par les circuits bancaires traditionnels. Les cryptomonnaies comptent désormais pleinement, car elles sont intégrées au système financier. Dans ce contexte, l’or reste également sur le devant de la scène. Le métal précieux par excellence n’est plus seulement une protection contre l’inflation : il devient un refuge face à l’instabilité généralisée. Il partage d’ailleurs ce rôle avec les cryptomonnaies. L’or, tout comme les métaux stratégiques, prend une importance croissante. Ils sont indispensables à la fois au développement de l’intelligence artificielle et à la transition énergétique. En tout état de cause, 2026 devrait être une année marquée par une certaine tension, entre opportunités financières majeures et décisions politiques susceptibles de redessiner l’équilibre économique mondial.

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Aujourd'hui l'économie, présenté par Stéphane Geneste, vous propose un rendez-vous quotidien pour décrypter un fait marquant de l'actualité économique, du lundi au vendredi à 06h16 TU, toutes cibles.
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