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RFI - Européen de la semaine

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  • Portugal: Antonio Costa, socialiste record
    Le Premier ministre portugais Antonio Costa a été reconduit dans ses fonctions en février dernier, après la victoire surprise de son parti lors des élections législatives anticipées. L’usure du pouvoir n’a pas eu de prise sur Antonio Costa, qui gouverne depuis 2015 et que tous les sondages donnaient perdant. Portrait d’un politique que certains socialistes européens regardent avec envie. (Rediffusion du 6/02/2022) « La majorité absolue n’est pas le pouvoir absolu, ça ne signifie pas gouverner seul. » Antonio Costa a déjoué tous les pronostics des instituts de sondage et contredit les analyses des éditorialistes mais il affiche une victoire modeste et veut rassurer. Avocat, mélomane, gastronome et fan de puzzle, Antonio Costa est tombé dans la marmite politique dès l’enfance. Sa mère est l’une des premières femmes journalistes, militante féministe engagée dans la lutte pour la dépénalisation de l’avortement ; son père est un écrivain communiste, originaire de Goa. Il surnomme son fils Babush, le gamin. Babush apprend le français en lisant le Nouvel Observateur et colle des affiches pour le PS dès l’âge de 14 ans. Le pays vient de vivre la révolution des œillets, la dictature de Salazar est tombée, « on militait jour et nuit, se souvient Margarida Marques, députée européenne socialiste portugaise, amie d’Antonio Costa. Nous étions aux jeunesses socialistes, il avait 14 ans, moi 21. C’était quelqu’un de très engagé, avec un grand sens politique. En 1981, j’ai été élue secrétaire générale du mouvement. Lui était alors la tête pensante du courant rival. Sa mère m’a envoyé un télégramme de félicitations. Quelques années plus tard, elle m’a confié qu’il n’avait pas apprécié son geste ! » Tacticien affable Le jeune Costa apprend vite et gravit rapidement les échelons du parti. À 34 ans, il est secrétaire d’État aux affaires parlementaires du gouvernement d’Antonio Guterres. « Ça a été quelque chose de très formateur », analyse Yves Léonard, historien, auteur d’une Histoire du Portugal Contemporain (éditions Chandeigne). « Il a été plongé dans les méandres du système politique portugais où il a révélé les qualités de fin tacticien et d’habileté qui sont un peu sa marque de fabrique ». Il est ensuite ministre de la Justice, ministre de l’Intérieur et brièvement député européen. Puis maire de Lisbonne entre 2007 et 2014, « une expérience très importante qui lui a servi de tremplin pour prendre la présidence du Parti socialiste en 2014. » Parcours sans faute pour un homme populaire qui cultive la simplicité. Comme Angela Merkel, Antonio Costa aime faire ses courses seul, et à Lisbonne, il avait installé en tant que maire un bureau dans un quartier déshérité. Son fauteuil de maire, il le doit à l’union de la gauche. Cette expérience lui a été utile lorsqu’il s’est lancé dans la bataille des législatives en 2015. « Antonio Costa a toujours fait preuve d’une grande subtilité, matinée de beaucoup de bonhomie, c’est un homme affable qui dégage de l’empathie, détaille Yves Léonard. Il allie donc à la fois de l’habilité tacticienne, une personnalité avenante et aussi de la fermeté et la capacité à trancher sans avoir la main qui tremble quand il le faut ». Union politique et miracle économique Cette année-là il fait du rassemblement l’instrument de sa victoire. Margarida Marques, alors fonctionnaire européenne, se souvient qu’il lui propose alors une tête de liste dans sa région d’origine - oubliées, les rivalités de jeunesse. « Il ne divise pas, il essaie de rassembler explique l’eurodéputée. En 2015, il est allé chercher des gens qui n’étaient pas avec lui sur le plan politique. Il a essayé d’unifier les différents courants de pensées au sein du parti, je pense que c’est un trait important de sa personnalité. » Un sens du rassemblement qui lui permet surtout de prendre la tête du gouvernement en s’assurant du soutien de la gauche de la gauche : les Portugais baptisent cette majorité « geringonça », « bidule improbable » en français. « Ce n’était pas une coalition, c’était un gouvernement socialiste, et le PS avait intégré les exigences négociées avec le Parti communiste et le Bloc de Gauche. Des exigences qui tenaient en quelques pages. Ça n’a pas été une période facile, se rappelle Margarida Marques, qui siège alors au parlement à Lisbonne. Nous étions bien conscients d’être en désaccord sur les affaires européennes par exemple. Mais chaque fois qu’il y avait une loi à voter il fallait négocier avec eux. Ça a renforcé le rôle du parlement. » Nouvelle victoire socialiste au scrutin de 2019, le PS choisit de gouverner en minorité, sans accord formel cette fois-ci avec les partenaires de gauche. Antonio Costa a des résultats à faire valoir : c’est l’époque de ce que les commentateurs appellent le « miracle portugais ». Après les années d’austérité imposées par les institutions internationales suite à la crise de 2008, sous le gouvernement de Pedro Passos Coelho (PSD, droite), Antonio Costa parvient à sortir le pays de la récession. Il relève les salaires des fonctionnaires, le salaire minimum, les retraites, et à réhabiliter les 35 heures. Le tout en contrôlant les déficits, et même en renouant avec les excédents budgétaires. « Antonio Costa a cette capacité à concilier des objectifs qui peuvent paraitre antinomiques, juge Yves Léonard. Il a très clairement dit en prenant ses fonctions fin 2015 "on va tourner la page de l’austérité en respectant pleinement nos engagements européens". D’abord par fidélité au contrat, à l’appartenance à l’Union européenne, mais aussi parce que le Portugal est très dépendant des aides communautaires. Il lui a fallu être habile et il a donné des gages, et il a rassuré ». L’extrême droite en embuscade Le miracle a son revers. Les contrats précaires, le prix du logement et la question des bas salaires nourrissent le mécontentement et ont été au cœur de la campagne des législatives anticipées. « La gauche de la gauche a beaucoup reproché à Antonio Costa de ne pas aller assez loin sur un certain nombre de ces thèmes : la protection sociale, la lutte contre la précarité, le droit du travail », poursuit Yves Léonard. Sans compter que la pandémie a stoppé net les avancées des années précédentes. Et s’il a gagné le pari des urnes, Antonio Costa aura fort à faire dans les quatre ans à venir : répondre aux Portugais qui lui ont fait massivement confiance, mais aussi composer avec l’irruption de l’extrême droite au parlement : le parti Chega est passé de un à douze élus. « Heureusement qu’il y a une majorité absolue, souffle Margarida Marques car le leader de la droite, Rui Rio, était ouvert à faire un gouvernement soutenu par l’extrême droite au parlement, il l’a dit dans un entretien vendredi soir en toute fin de campagne. » Du jamais vu au Portugal. Et ensuite, après trois mandats de Premier ministre, un record depuis le retour à la démocratie, à quoi pourrait aspirer Babush ? Européen convaincu, il s’est beaucoup engagé au sein du Conseil, Notamment pour obtenir les ressources propres nécessaires au plan de relance. « Évidemment quand je regarde ses compétences, je le vois bien président d’une institution européenne, concède l’eurodéputée Margarida Marques. Mais je ne sais pas s’il a le calendrier approprié. Une chose est claire, il a la compétence mais aussi la confiance de ses pairs. Et pas seulement des socialistes, je peux le dire. Il a une image très positive, l’image de quelqu’un capable de construire des compromis de convaincre de persuader, et les autres leaders lui font confiance ». D’ici là, le travail ne manque pas : l’amateur de puzzle Antonio Costa va devoir agencer les 16 milliards du plan de relance de façon à redonner vie au miracle portugais.
    7/30/2022
    3:30
  • Igor Strelkov, l’amertume du nationaliste russe face à la guerre en Ukraine
    L’ancien chef militaire des séparatistes du Donbass est devenu un critique acerbe de l’opération militaire en Ukraine. Igor Strelkov fait aujourd’hui partie des plus violents détracteurs de la stratégie militaire russe. Réputé pour ses positions ultranationalistes, il commente activement le cours de la guerre sur les réseaux sociaux et n’épargne ni Vladimir Poutine, ni son ministre de la Défense. (Rediffusion du 12 juin 2022) « L’opération militaire spéciale est un échec total », affirme Igor Strelkov, les bras croisés, face caméra, sur fond de drapeau de la Novorossia, ce territoire qui englobe le sud et l’est de l’Ukraine, que les nostalgiques de l’empire russe rêvent de conquérir. Depuis le début de l’invasion russe, le 24 février 2022, le colonel de réserve du FSB, fine moustache, cheveux grisonnants coupés court, est très présents sur les réseaux sociaux pour dire tout le mal qu’il pense de la guerre que la Russie mène chez son voisin : « En Ukraine, ils se moquent de nous, tout simplement. Pas de vous et de moi, mais ils se moquent de tous ces gens qui réfléchissent si bien, qui ont de si merveilleux concepts stratégiques et de si merveilleuses solutions tactiques », ironise-t-il. Depuis qu’il a été mis sur la touche en août 2014, où il a dû quitter son fief éphémère de Sloviansk dans le Donbass, l’ancien « ministre de la Défense » de l’autoproclamée « République populaire de Donetsk », amer, ronge son frein et n’hésite pas à critiquer le cours de la guerre en Ukraine. « Il représente une partie de l’échiquier politique russe, à savoir les nationalistes d’extrême droite, dont on s’attend finalement assez peu à ce qu’ils critiquent la position de Vladimir Poutine », constate Florent Parmentier, enseignant à Sciences Po et chercheur associé au Centre de géopolitique de HEC. « Mais depuis la chute de Marioupol, on a entendu de sa part à la fois une critique de la déplorable maîtrise de l’art de la guerre et des erreurs conduites par l’armée russe au début de ce conflit. Il est aussi extrêmement critique, lui qui a reçu une formation militaire et qui a participé au confit de 2014, de l’ingérence de Vladimir Poutine dans les prises de décision militaires. » Des critiques qui restent acceptables pour le pouvoir russe Féru de reconstitutions historiques, monarchiste, ultranationaliste, affublé du qualificatif de « terroriste » par les autorités et les médias ukrainiens, Igor Guirkine, alias Strelkov, un nom dérivé du mot tireur, se décrit lui-même comme opposant. Pour autant, ses critiques, bien que virulentes, restent acceptables pour le pouvoir russe. « Il critique réellement les actions de l’armée russe et il dit assez clairement qu’il ne pense pas du bien de l’actuel président, mais il affirme aussi qu’il ne faut surtout pas le destituer parce que sinon il y aura une révolution », note Natalia Ioudina, spécialiste du nationalisme russe, au Centre d’analyse du racisme Sova à Moscou. « Ce qui me paraît le plus important et que, depuis le début de l’opération militaire, il a toujours dit qu’il la soutenait. Il se permet seulement de critiquer le pouvoir pour son manque de stratégie et pour son impréparation, mais globalement, il reste dans la ligne générale du parti », souligne l’experte. Âgé de 51 ans, Igor Strelkov a participé à de nombreux conflits nés après l’éclatement de l’URSS : la Transnistrie en 1992, la Bosnie, les deux guerres de Tchétchénie, avant de connaître son heure de gloire dans le Donbass, en chef des combattants séparatistes, financé par l’oligarque nationaliste orthodoxe Konstantin Malofeev. Il se targue même d’être à l’origine du déclenchement de la guerre du Donbass en avril 2014. Mais ses déboires sur le terrain militaire et la destruction du vol MH17 par un missile tiré du territoire séparatiste finissent par le pousser vers la sortie en août 2014. Depuis, il n’intéresse plus les autorités russes et a disparu des chaînes de télévision nationales. « Il me semble qu’elles ne sont pas prêtes à le livrer au tribunal de La Haye, mais dans le même temps, elles n’ont pas l’intention de faire appel à ses services pour leur opération militaire. Il ne leur sert plus à rien, en fait », avance Natalia Ioudina, qui souligne que l’homme a, à plusieurs reprises, annoncé qu’il était prêt à se rendre sur le terrain des opérations militaires, « mais pour l’instant, il continue à se déplacer en métro, il reste chez lui et occupe son temps à commenter l’opération spéciale ». À la tête de son mouvement « Novorossia », Igor Strelkov s’occupe d’aide humanitaire et de fourniture de munitions et d’uniformes aux militaires des républiques séparatistes ukrainiennes. Actuellement jugé par un tribunal des Pays-Bas, avec trois autres suspects, tous absents, pour le meurtre des passagers du vol MH17 abattu un juillet 2014 au-dessus de l’est de l’Ukraine, Igor Strelkov rejette les accusations. Les procureurs néerlandais, qui ont requis la perpétuité, estiment que les quatre hommes ont joué un rôle central dans l’acheminement depuis la Russie d’une batterie antiaérienne BUK, probablement destinée à frapper un avion de guerre ukrainien. Le jugement pourrait être rendu en novembre.
    7/23/2022
    3:30
  • Dmitri Medvedev, de président modéré à faucon du régime
    Lors de sa présidence, entre 2008 et 2012, la branche libérale avait mis beaucoup d’espoir en lui. Aujourd'hui, le vice-président du Conseil de Sécurité russe est devenu l’un des plus féroces défenseurs du régime de Vladimir Poutine. Il ne dansera sans doute plus jamais sur la musique d’American boy, un hit russe des années 1990 sur lequel on l’a vu se déhancher d’une façon gauche et légèrement à contretemps dans une vidéo virale de 2011. À l’époque, Dmitri Medvedev était chef d’État de la Fédération de Russie et incarnait un espoir de changement pour l’aile libérale de la société, après huit années de présidence Poutine. Féru de nouvelles technologies, affirmant que « la liberté (était) meilleure que l’absence de liberté », il avait fait de l'innovation l'une des priorités de son mandat et lancé la construction à Skolkovo, près de Moscou, d'une « ville de l'innovation », pendant russe de la Silicon Valley. Il a lui-même visité le lieu de la high-tech américaine en 2010, avant de rencontrer Barack Obama et de déguster un hamburger et des frites en compagnie de son homologue américain dans un café de Washington. C’est de Californie qu’il avait d’ailleurs écrit son tout premier tweet. Des abrutis et des dégénérés S’il est resté présent, depuis, sur les réseaux sociaux, le contenu de ses messages a radicalement changé ces derniers mois, et en particulier depuis le lancement de l’invasion russe de l’Ukraine, le 24 février 2022. « On me demande souvent pourquoi mes messages sur Telegram sont si durs. La réponse est que je les déteste. Ce sont des abrutis et des dégénérés. Ils veulent la mort pour la Russie. Et de mon vivant, je ferai tout pour les faire disparaître », a écrit récemment Dmitri Medvedev sur Telegram, sans préciser s’il parlait de l’Ukraine ou des Occidentaux. Sur les réseaux sociaux comme dans ses interviews télévisées, il menace le monde d’une guerre nucléaire, annonce que « les chevaliers de l’apocalypse sont en route » et promet une fin tragique à l’Ukraine. « Medvedev tente visiblement de démontrer sa pertinence et sa loyauté dans le nouvel environnement russe », né après le début de la guerre en Ukraine, analyse Ben Noble, spécialiste de la Russie à l’University College de Londres. « Il ne veut vraiment plus être vu comme l’ancien président pro-occidental et relativement libéral parce que s’il conservait cette image, cela pourrait être dangereux pour lui ». Si Dmitri Medvedev multiplie les déclarations choquantes qui font passer ce modéré pour un faucon, c’est qu’il n’a pas vraiment le choix, estime pour sa part le politologue russe Dmitri Orechkine, enseignant à l’université libre de Riga, où il a dû s’exiler après le début de la guerre en Ukraine. « Soit il reste et s’accroche à son siège dans le régime de Poutine en soutenant ses valeurs et en criant le plus fort, soit il perd son statut, ses revenus, ses privilèges. Que peut-il faire d’autre ? Il ne peut pas s’enfuir en Europe, on lui a confisqué ses vignes », note l’observateur un brin ironique. Objet de railleries Des vignobles en Toscane, des palaces, des résidences de luxe, des yachts : autant de biens d’exception dont Dmitri Medvedev serait propriétaire, à en croire une vidéo de l’opposant Alexeï Navalny aujourd’hui emprisonné. Sortie en 2017, cette enquête visionnée des dizaines de millions de fois a été à l’origine d’importantes manifestations réprimées à Moscou et dans d’autres villes de Russie. L’image de Dmitri Medvedev, déjà objet de railleries pour son caractère peu consistant, en a encore pris un coup, d’autant qu’au cours de sa présidence, il avait régulièrement déclaré combattre activement la corruption qui gangrène le pays. « Cette enquête a bien sûr terni son image, en particulier dans les cercles des libéraux », raconte Dmitri Orechkine. Toutefois, le politologue russe insiste sur le fait que l’opposant, pourfendeur de la corruption, n’aurait pas pu mener une telle enquête sans aide extérieure. « Il y avait les gens dans les hautes sphères, qui n’aimaient pas Medvedev, qui lui ont donné accès à des documents compromettants et qui ont permis que ses drones filment sa résidence ». Présenté comme faible, docile, peu audacieux et surtout très loyal envers Vladimir Poutine auquel il a sagement rendu les rênes du Kremlin à l’issue d’un seul mandat en 2012, Dmitri Medvedev peut se targuer d’avoir joui d’une longévité inégalée au poste de Premier ministre entre 2012 et 2020. Mais bien avant son remplacement par Mikhail Michoustine, pour être nommé au poste sans grande influence de vice-président du Conseil de sécurité, son poids politique n’a cessé de diminuer au profit du clan des siloviki, les hommes issus de l’appareil sécuritaire, qui ne l’ont jamais apprécié. « Medvedev ne bénéficie pas d’un soutien naturel de la part de l’élite, et en particulier des siloviki », explique Ben Noble, qui voit dans son changement relativement récent de rhétorique le signe que l’ancien président « tente de nouer des liens avec ces faucons de l’élite russe, dans la perspective d’apparaître peut-être comme un successeur potentiel à Vladimir Poutine, avec le soutien de ces membres les plus bellicistes ». Dans cette entreprise, le vice-président du Conseil de sécurité peut compter sur son fils, Ilia, 27 ans, qui s’est vu récemment remettre sous les caméras sa carte du parti Russie unie, le parti dirigé par son père.
    7/2/2022
    3:31
  • Kaja Kallas, la «dame de fer» des pays baltes contre la Russie
    Première femme à diriger l’Estonie, cette femme politique de 44 ans s’est imposée depuis le début de la guerre en Ukraine comme la voix de la fermeté des pays baltes contre la Russie et pour un soutien total à Kiev. Une position qu’elle défendra à nouveau lors du prochain sommet de l’Otan. Alors que la tension est montée ces derniers jours autour de l’enclave russe de Kaliningrad, à la frontière lituanienne, la question de la sécurité aux limites est de l’Otan sera plus que jamais au programme du prochain sommet de l’Alliance Atlantique, prévu à Madrid les 29 et le 30 juin prochains. L’Estonie de Kaja Kallas, qui est membre de l’Union européenne et de l’Otan, compte bien peser pour un renforcement de la présence militaire occidentale aux frontières des pays baltes. Si l’Otan garde la même stratégie militaire concernant les pays baltes, « Tallinn et des siècles d’histoire et de culture » en Estonie, mais aussi « nos habitants, notre nation » seraient « rayés de la carte » en quelques jours en cas d’invasion russe, prévenait encore jeudi 23 juin Kaja Kallas, lors d’un entretien donné à la presse internationale. Elle souhaite que l’Otan triple ses effectifs militaires dans les pays baltes, en y installant une division complète, soit 20 000 à 25 000 hommes environ. Kaja Kallas est en effet persuadée que l’Estonie et ses voisins sont les prochains sur la liste de Moscou. « Quand mon père [ancien Premier ministre estonien] menait les négociations pour que l’Estonie adhère à l’Otan, dans les années 2000, on lui demandait souvent, “pourquoi ?” et on lui disait que la Russie n’était plus une menace, expliquait-elle le 9 mars devant le Parlement européen. Mais nous connaissons bien notre voisin, aujourd’hui comme hier. » Depuis le début de la guerre en Ukraine le 24 février, Kaja Kallas multiplie les interviews dans les médias internationaux. Avec toujours derrière elle le drapeau estonien, le drapeau européen et le drapeau de l’Otan, elle défend un soutien inconditionnel à Kiev. Une famille déportée en Sibérie L’ancien ministre et ex-eurodéputé centriste Jean Arthuis (qui a rejoint ensuite le parti d’Emmanuel Macron), a siégé avec Kaja Kallas au Parlement européen jusqu’en 2019, dans l’Alliance des démocrates et libéraux (ADLE), une coalition de centre droit. « Elle était très impliquée et très active, se souvient-il, et j’avais conscience qu’elle ne se contenterait pas de sa mission d’eurodéputée. Il est vrai que sa famille l’a bercée dans la politique », dit aussi celui qui a côtoyé Siim Kallas, le père de Kaja Kallas, lorsque ce dernier était Commissaire européen. Côté maternel, la Première ministre estonienne rappelle souvent que sa famille a souffert de la répression quand l’Estonie a été annexée après la Seconde Guerre mondiale. « Je viens d’une famille déportée en Sibérie par Staline sous l’Union soviétique », témoignait-elle le 9 mars devant le Parlement européen, dans un tailleur aux couleurs de l’Ukraine. « Ma mère n’avait que six mois quand elle a été envoyée de force avec sa mère et sa grand-mère dans un wagon à bestiaux vers ce que les Estoniens appellent “la terre froide”. » Et quand elle est interviewée par une chaîne de télévision américaine, elle n’hésite pas à reprendre le présentateur. « Merci, mais je suis obligée de vous corriger : nous ne faisions pas partie de l’Union soviétique, nous étions occupés par l’URSS », a-t-elle répondu - poliment, mais fermement - à Fox news, le 15 juin dernier. L'Estonie directement impactée par le conflit en Ukraine L’Estonie est - proportionnellement à son PIB - le premier soutien financier de l’Ukraine. Alors que les négociations entre Moscou et Kiev sont au point mort, Kaja Kallas n’hésite pas à critiquer ceux qui parmi les dirigeants occidentaux peuvent être tentés de pousser l’Ukraine à abandonner une partie de son territoire pour mettre fin à la guerre. Elle ne partage pas non plus les déclarations du président Emmanuel Macron, qui appelait à « ne pas humilier » la Russie. ► À lire aussi : Estonie: les libéraux du Parti de la réforme remportent les législatives « Elle dit qu’il ne faut pas arriver à tout prix à une paix rapidement, mais arriver à une victoire de l’Ukraine, ce qui est assez différent », souligne Céline Bayou, chercheure associée au Centre de recherche Europe-Eurasie de l’Inalco et rédactrice en chef de la revue Regard sur l’est. « Pour Kaja Kallas, si on essaie d’aller plus vite et de négocier trop vite avec la Russie, on risque de laisser le champ libre à Moscou pour recommencer [une guerre dans l’un des pays voisins] et donc on ne résoudra rien », résume-t-elle. Kaja Kallas a gagné en popularité depuis le début de la guerre en Ukraine, mais elle vient de perdre sa majorité au Parlement après des désaccords avec le Parti centriste. Cette formation politique, qui compte dans son électorat une partie de la minorité russophone du pays (environ 30% des Estoniens parlent russe), défendait une hausse des allocations familiales, « parce que l’Estonie a en ce moment l’un des taux d’inflation les plus élevés en Europe, explique Céline Bayou. Les prix de l’énergie ont explosé, car l’Estonie applique les sanctions européennes à l’égard de la Russie, mais aussi, car elle vient de décider qu’elle n’importerait plus ni pétrole ni gaz russes. » La guerre pèse donc sur la situation interne du pays, au point de mener à une crise politique : Kaja Kallas est en ce moment en pleine négociations pour former une nouvelle coalition et tenter de retrouver une majorité au Parlement, quelques mois seulement avant les prochaines élections législatives, prévues en mars 2023.
    6/25/2022
    3:22
  • Robert Habeck, champion allemand de la transition énergétique
    Il devait faire de son ministère le haut lieu de la lutte contre le réchauffement. Mais en février dernier, la guerre en Ukraine a changé la donne… Robert Habeck, vice-chancelier allemand en charge de l’Économie et du Climat, a dû trouver à la hâte des alternatives au gaz russe tout en demandant à ses concitoyens de réduire leur consommation d’énergie. Malgré ce double défi, il est devenu en quelques mois seulement le ministre le plus populaire d’Allemagne, éclipsant largement le chancelier socialiste Olaf Scholz. La nouvelle a fait l’effet d’un coup de tonnerre en Allemagne, l’un des pays européens les plus dépendants du gaz russe. Ce vendredi 17 juin, la Russie annonce qu’elle va baisser de 40 % ses livraisons de gaz vers l’Allemagne… Robert Habeck dénonce aussitôt, derrière les motivations techniques avancées par la Russie, une raison purement politique. « Il ne faut pas se faire d’illusions, nous sommes dans une épreuve de force entre les alliés occidentaux et la Russie », assène le ministre allemand de l’Économie et du Changement climatique. « La décision de baisser les livraisons de gaz, Poutine la prend de manière arbitraire c’est comme ça que les dictateurs et les despotes agissent. » À 52 ans, l’ancien romancier, entré tardivement en politique est devenu le ministre le plus populaire d’Allemagne. Nommé en décembre dernier à la tête d’un super ministère de l’Économie et du Climat, Robert Habeck éclipse totalement le chancelier social-démocrate Olaf Scholz. « Il soigne son côté “cool” en se faisant prendre en photo, assis par terre, travaillant sur son ordinateur sur le quai d’une gare, ou bien en sautant sur une table devant des ouvriers d’une raffinerie dans l’est de l’Allemagne, raconte Paul Maurice, du Comité d’études des relations franco-allemandes à l’IFRI (Institut français des relations internationales). Il a aussi une image décontractée, loin du traditionnel costume-cravate. » À cette image décontractée vient s’ajouter un sens du compromis aiguisé et un réalisme politique qui séduit les électeurs allemands. « Il vient d’une famille qui était conservatrice à l’origine et lui appartient plutôt à l’aile qu’on appelle réaliste chez les Verts, c’est-à-dire qu’on considère parfois en France comme l’aile droitière des Verts, celle qui est prête à gouverner et qui d’ailleurs l’a amené à devenir ministre. » 80 % d’énergie renouvelable en 2032 Nommé pour mener la bataille de la transition énergétique, Robert Habeck voit ses plans chamboulés par la guerre en Ukraine. En deux mois, il fait baisser de 50 à 35 % la part de gaz russe consommée par l’Allemagne. Pour ce faire, il va au Qatar et aux États-Unis pour y commander du gaz liquide, et lance la construction de nouvelles infrastructures gazières sur les côtes allemandes. Des décisions plutôt difficiles à accepter pour les Verts allemands. « On est obligé quand même d’aller de nouveau demander des énergies fossiles dans le Proche-Orient, ce n’est pas du tout quelque chose qui est écologiquement sensé », soupire l’eurodéputée franco-allemande Anna Deparnay-Grünenberg. On a certains forages et certaines anciennes structures qu’on allait fermer et qu’on va être obligé de remettre en marche dans certaines zones protégées, par exemple au bord de la côte allemande. Et c’est vrai que ça nous fait tous très mal au cœur… » Mais, paradoxalement, la guerre en Ukraine va conforter les écologistes allemands… en démontrant l’absolue nécessité de s’émanciper des énergies fossiles. « Avant, nous étions quasiment les seuls à dire que le fait d’aller vers un monde 100 % renouvelable était non seulement un enjeu écologique, mais aussi un enjeu de sécurité », souligne Anna Deparnay-Grünenberg. Avec la guerre en Ukraine et bien sûr les sanctions, que nous avons soutenues, il a fallu revoir toutes les décisions quant à l’approvisionnement énergétique et donc on a vraiment démontré que les enjeux économiques, écologiques et de sécurité étaient intrinsèquement liés. » Robert Habeck et les écologistes allemands n’ont pas renoncé à la transition énergétique – très loin de là. Et pour se passer du nucléaire, toujours tabou outre-Rhin, ils parient sur les éoliennes qui devront couvrir 2 % du territoire d'ici à 2032, et assurer 80 % de la production d’électricité à la même date.
    6/18/2022
    3:30

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